"Comme le repas tire à sa fin, que les estomacs sont calés par le pâté, la poule, le riz, la mayonnaise, le fromage et le dessert, dans un coin de la salle, un groupe déjà un peu forcé sur la boisson entonne une ritournelle que la foule des clients accompagne.
A minuit, la fête bat son plein. Sur la grande place de l'église, les voitures continuent leur ronde infernale. La café en face de la bascule est bondé. Les gens sont attablés devant les boissons et discutent de sujets les plus variés au milieu d'un brouhaha indescriptible. Le café de la boulangerie, à droite en montant, est plein lui aussi. Dans le passage pour accéder à l'usine Magat, le casse-bouteille attire son lot de fanatiques. Si pendant l'après-midi un joueur n'a pas été adroit au concours, il peut se rattraper en cassant deux bouteilles avec deux boules et ainsi emporter une bouteille de vin.
La rue centrale qui monte à la cime du bourg connait un va et vient incessant. Jeunes et plus âgés font la navette entre le bal, les manèges, les tirs les cafés. Arrivés à la cime du bourg, les fêtards sont attirés par le tir et sa ribambelles de cadeaux à gagner.
Dans le hangars du marchand de vin, le bal battait son plain. Sans arriver à la hauteur d'un grand orchestre, les quelques musiciens réussissaient parfaitement à animer cette soirée par les chansons et leurs airs à la mode. La foule quand à elle pouvait se scinder en deux catégories : les danseurs et ceux qui étaient là pour boire et pour regarder.
A une heure avancée de la nuit, l'orchestre a joué le dernier tango; quelques acharnés ont bien essayé de rester sur la piste mais lorsque la musique n'accompagne plus, tout le charme disparait."
Bertrand Lacroix, extraits de "A la St Michel, Fourneaux, tome II"


