Ces différentes versions de “soin soin”  ont pour point commun de maintenir le format d’une berceuse.  Elles sont issues du fonds sonore du CMTRA, et cataloguées dans notre portail régional du Patrimoine Oral. Plusieurs d’entre elles ont été publiées au sein de deux Atlas sonores (ici, les numéros 10 et 22). La traduction la plus répandue de ce chant traditionnel en francoprovençal étant : “Sommeil, sommeil, viens, viens, viens. Sommeil, sommeil, viens viens donc.” Toutefois, les interprétations varient dans le rythme, les paroles, mais aussi la prononciation.

Celle-ci vient du Forez et est chantée par Jo Faure en 1995,  pour le micro de Jacques Bardot :

“Son son vèné, vèné, vèné
Son son vèné, vèné, donc

Le son son veut pas venir
Le mami veut bien dormir 

Le son son est bien venu 
La mami a bien dormi.”

Ici, “la mami” désigne “Le petit”. Alors que dans la version de Mme Panel de Verranne l’enfant est le “fanfan” : raccourci du terme “enfant” ou tiré du prénom “Fanfan” pouvant être utilisé en patois pour désigner, de manière générique, les garçons.


La version suivante, également enregistrée par Jacques Bardot, date de 1984 et admet de fortes similitudes avec la première, bien que le tempo soit un peu plus rapide :

Le tempo augmente crescendo dans ces deux autres versions, la première interprétée par une habitante de la Loire , amie de Mme Panel, également enregistrée par Jacques Bardot. Ici, l’enfant est le “poupon”.


Cette dernière version est interprétée par Marie Arquillère à Fourneaux et enregistrée par Patrick Favier lors d’un rassemblement. Si le rythme et l’élocution trahissent un impatience certaine dans l’attente du sommeil, les paroles sont également autrement directives: “Soin soin que le vène vène. Soin soin que le vène donc.”, autrement dit “Sommeil, sommeil, qu’il vienne, vienne. Sommeil, sommeil qu’il vienne donc.”. A l’interprète de conclure, sous les rires entendus des auditeurs : “Voilà, c’est comme ça qu’on endormait les bébés à l’époque!“.