Le type de cette chanson est très connu sous le titre : "Alouette, gentille alouette", dont il existe de nombreuses versions mettant en scène, non pas une alouette, mais un merle. C'est le cas ici. La présente version est assez particulière et présente un texte simple en occitan et un refrain en français. La mélodie est à la fois belle et étrange ; le tout, texte et musique, conférant à cette chanson une dimension poétique indéniable.
Le texte interroge, car le terme "'chabat" qui signifie "fini" semble au premier abord impropre : "je n'ai pas encore fini la tête de mon merle". Là où les autres versions évoquent un oiseau qu'on plume, auquel on enlève donc des attributs, ici on a l'inverse, un oiseau qui n'est jamais terminé...
Ce glissement sémantique a peut-être une origine très concrète liée à l'activité de dentellière de l'informatrice : en effet, le merle désigne une pièce de carreau à tisser lors de l'apprentissage des dentellières. La chanson prendrait alors un rôle pédagogique, serait à la fois une description de cet apprentissage et une chanson laissant le temps nécessaire, comme une complainte par exemple, pour avancer un travail qui peut être long et qu'on accompagne au chant.


