L'ère fantastique des chalets apparaît à des moments où la montagne est censée être désertée par tout être humain. L'hiver, quand la neige arrivait, les hommes quittaient les chalets d'alpage avec leurs troupeaux et rentraient au village. Cette histoire fait ici apparaître un monsieur avec un grand chapeau, au cœur de l'hiver, à un groupe d'hommes trop téméraires, venus chasser le chamois. Il surgit de la nuit et du froid, "sans rien dire", met ses pieds près du feu, fait fondre la graisse de ses jambes et la racle en s'arrachant les poils en invitant ses hôtes à lécher. Cette histoire aux motifs étranges et inquiétants vient rappeler que si l'été, la montagne peut-être investie et exploitée par les hommes et les bêtes, l'hiver en revanche, elle redevient le territoire des esprits : "A toi l'été, à moi l'hiver!". Pour donner davantage d'intensité à son récit, Roger Darves explique que les anciens avaient pour habitude "d'ancrer l'histoire dans la parenté", "on prenait toujours quelqu'un de la famille comme personnage, pour faire plus de peur..."
Ce motif a été également recueilli, sous différentes formes, en Dauphiné et en Savoie, de l'Oisans au Faucigny, et en particulier dans la vallée de la Maurienne.
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