Voici la deuxième version recueillie un an plus tard que la première, et qui est plus complète, quoiqu'avec des couplets différents et oubliés.
Assistants honorables venez tous écouter
Le récit véritable que je vais vous chanter
D’un père de famille qui voulut marier
Angélique sa fille malgré sa volonté
Le père d’Angélique c’était un bon fermier
Sa fille était unique d’une rare beauté
Quoiqu’encore bien jeunette n’ayant que dix-huit ans
Par ses façons coquettes attira des amants
On avertit son père de son dérèglement
Qui vient d’un ton sévère reprendre son enfant
En lui disant ma fille il faut vous apprêter
Aux portes de la ville faudra vous marier
Et non et non mon père de quoi donc me parlez-vous ?
Quoique je sois gentille je ne veux pas d’époux
En restant au village j’ai connu mon bonheur
Un jour de mariage causera mon malheur
Et non et non ma fille ne me refuse pas
Sinon derrière la grille ce sera ton trépas
Puis après la remise on publia les bancs
Angélique à l’église dit oui mais tristement
C’est un meunier fort sage que tu connais très bien
Tu iras au village, maîtresse de son bien


