Ce chant fait partie de la tradition des chansons de mensonges ou de « menteries ». Dans cs histoires, l’imagination prend le contre-pied du monde réel et aboutit à des situations absurdes et comiques, par des systèmes d’inversion, d’erreurs, de mauvaise foi… Ce chant est surnommée Le rêve du laboureur par l’interprète, comme s’il s’agissait d’une rêverie. Ce chant en francoprovençal est fortement influencé par l’occitan, parlé dans le sud du Vercors.
Paroles :
Alavo labora
Su lé plu iôté combe
Portâvo mo dou bos
Fassien chemina mé joucle
Passou sou un pomé
Tô rojé de cérise
Trajii ma grande ya
Chadii ina mayoussa
Lo metre que m’aveu
Mandi son chin pe môdre
Me mordi ou talon
Me fi sèna l’oriye
Lé mouché ou plafon
Se crevavon de rire
Ni a nin quué ya tan ri
Pissi dan sa chemisa
Voliou me revira
Reveyou la Mayouna
José fô te leva
Que le solé vé lure
Mon rêve revèni
Fô inbarri lé bète
Fu alla labôra
Su lé plu iôté combé.
Traduction :
Je m’en allais labourer
Sur les plus hautes combes
Je portais mes deux bœufs
Et je faisais cheminer mes joucles
Je passais sous un pommier
Tout rouge de cerises
J’y mis mon bâton
Il en tomba une fraise
Le maître m’avait
Envoyé son chien pour mordre
Il me mordit au talon
Me fit saigner l’oreille
Les mouches au plafond
Se crevaient de rire
Il y en a une qui a tant ri
Qu’elle pissa dans sa chemise
Je voulus me retourner
Je réveillai la Mayouna
Joseph il faut te lever
Le soleil va luire
Mon rêve est terminé
Il faut atteler les bêtes
Je m’en allais labourer
Sur les plus hautes combes.


